Saison finie for me!

Je vis dans une bulle assumée, une bulle joyeuse et insouciante. Que ça fait du bien et c'est peut être pour ça que mes visiteurs se sentent bien.
Le métier d'aubergiste (à cette échelle) me plait pour le moment. C'est physiquement et émotionnellement prenant, j'adore! On rencontre des gens qui viennent pour 1 nuit et puis restent plus, des voyageurs plus que des touristes. On s'habitue à eux, on crée des liens et mêmes des habitudes parfois et puis, hop, ils s'en vont, d'autres arrivent. ça peut être les montagnes russes émotionnelles.

L'auberge est donc humainement enrichissante. Comme je dis de temps en temps, je ne suis plus riche d'argent mais je me sens plus riche qu'avant, riche d'expériences, de rencontres. Je me sens en harmonie avec mes principes et ça me comble. Se sentir entière et libre, ça n'a pas de prix.
On verra combien de temps ça peut durer dans ce monde capitaliste mais je profite de l'instant présent car que sait-on du futur mis à part qu'il est incertain...?

En attendant la prochaine saison et les nouveautés (ou pas) que cela apportera, je retourne en France avec Raymond en prenant le temps de visiter la famille et les amis sur le chemin, d'aller découvrir des coins perdus et une rando pour découvrir (enfin!) la Corse.
Et puis quand j'atteindrai Doullens, je rechercherai un boulot de saisonnier dans les montagnes suisses pour cet hiver (oui, j'ai aussi les pieds sur terre et il faut bien un peu de sous).
Mais l'auberge n'est pas un si mauvais plan financier. Même si je n'équilibre toujours pas les comptes et que je ne pense pas rembourser mon (petit) investissement un jour, je suis plutôt optimiste et j'espère équilibrer les comptes l'année prochaine. Cette année, j'ai couvert les charges fixes déjà. Je suis en bonne voix, avec une augmentation de la fréquentation cette saison: 327 visiteurs, pour 526 nuits vendues. Un taux d'occupation d'environ 30% sur toute la saison (allant de 0 à 95% selon les semaines), soit de 0 à 15 personnes dans l'auberge. J'utilise les ressources du jardin autant que possible et ça plait beaucoup (c'était l'année de la prune avec des kilos et des kilos récoltés, mes premières tomates, etc). J'ai de supers commentaires ce qui me fait très plaisir (entre 9 et 10 sur booking et hostelworld; bonne place sur Tripadvisor et pleins d'étoiles sur google et facebook). Bon, il faudrait que je dise davantage aux gens de laisser des commentaires mais ça me gonfle un peu la e-réputation. Et puis, surtout, le bouche-à-oreille fonctionne et ma plus grande satisfaction: le sourire des visiteurs qui partent contents de leur séjour.
Comme quoi, le secteur est différent mais mes expériences précédentes sont utiles: je reste dans le service. Mes clients ne sont plus des porteurs de projets techniques mais des visiteurs en recherche d'informations pour découvrir la région, le pays, de manière plus ou moins autonome (parfois je suis un agent de voyage et l'accompagnement à ses limites!). C'est donc toujours la même chose finalement! On se creuse la tête et on répète un peu les mêmes choses par moment (tiens, le boulot de prof est utile aussi).
à priori, les gens se sentent comme à la maison. C'est tranquille et accueillant. Apparemment il y a une French touch ici. Difficile de m'en rendre compte moi-même... Et puis ils sont surpris de voir qu'il y a beaucoup de choses à faire à Korçë et autour. Beaucoup me disent revenir en Albanie et que c'est vraiment le moment de la découvrir car risque d'être victime de son succès.
J'aime aussi les interactions entre les différents profils des visiteurs: les familles, les campeurs, les road-tripeurs, les voyageurs solo, les groupes d'amis, les cyclistes. En fonction des gens, l'atmosphère change mais l'ambiance est toujours détendue.
C'est aussi un lieu où les visiteurs peuvent rencontrer des locaux car mes amis apprécient beaucoup mon jardin et viennent souvent (même si, étant fort prise, ça pourrait être plus mais pas facile de se dégager du temps libre en étant toute seule). Donc de plus en plus d'amis ici, des bonnes soirées, quelques sorties (même si je dois rester un maximum ici car les gens arrivent souvent sans réservation).
Mais mon apprentissage de l'albanais progresse difficilement car je parle anglais avec mes amis (un peu fainéante!) et beaucoup français et anglais, voire espagnol, à l'auberge. Alors ça s'améliore mais les grandes conversations attendront!

Je pars avec la tête pleine d'idées pour l'année prochaine, des projets en cours avec des amis (festival, développement de l'escalade). Mais ces vacances sont bienvenues après une saison intense au service des visiteurs, des voyageurs et touristes. Ressourcement et repos par le voyage :) C'est parti pour un automne/hiver nomade!